Compagnie Seuil

(photo: Sebastien Arreguin)

L A   D A N S E   B U T ô:

Le butô est une danse qui porte en soi la question de ce qu’est “danser” et vient bouleverser les questions comme:
    • “Qui peut danser ?”
      “Jusqu’à quand peut-on danser ?”
      “Quel est le corps que notre société accepte comme celui d’un danseur ?”
      “Quel est notre corps original” ?
      “Quel est le corps que la société a domestiqué ?”

    Principes du butô:


    Pour Hijkata, un des fondateurs des principes du butô, la danse ne résidait pas dans une composition linéaire de mouvements mais plutôt dans l’exploration de la profondeur du corps lui-même.

    Il pensait qu'il fallait à la fois « re-découvrir le corps et réinventer la danse ».

    L'idée n'était pas de construire un corps qui transmette un message ou qui soit l'instrument de quelque chose,
    mais de travailler davantage un corps capable de parler par lui-même.
    Un corps chair; un corps sensation capable de danser sa propre histoire.

    Dans sa volonté de transformer la notion de corps vécu, la technique du butô ne rappelle aucune autre technique de danse.
    Le butô ne s’appuie pas sur une technique formelle mais sur l’être dans sa dimension intime et universelle.


    Hijikata ouvre de cette façon une porte vers une autre forme de pratique de la danse, et indirectement postule que toute personne qui le souhaite est capable de danser.

    Tout cela à condition d'accepter de se rencontrer face à face avec son propre corps et avec l'état le plus pur de ses émotions...
    A condition d'avoir la persistance, la patience et la discipline pour apprendre à écouter
    et laisser danser les intensités qui nous traversent.

    N'importe qui peut devenir danseur butô, en mettant en jeu beaucoup de soi-même,
    en se livrant à une nouvelle façon d'écouter son corps, et de comprendre son esprit.

    Il s'agit de s'ouvrir à une écoute globale, pour pouvoir suivre la précision dictée par la force de nos émotions à l’état pur.
    La puissance de nos os, les chants qui parcourent nos nerfs, le rire de notre peau...

    Pouvoir donner à voir ces univers cachés peut être un long mais merveilleux travail.



  • Comme beaucoup de mouvements surgis dans les années 60, le butô questionne toute la danse de l’époque,
    mais à la différence des autres genres, le butô vient détruire irrémédiablement le « corps du danseur ».

    Le butô donne un nouveau corps au danseur, et ceci fut un de ses aspects révolutionnaires.

    Un corps qui ne cherche pas à s’étendre vers l’extérieur, mais vit intensément ce qui le divise entre son intérieur et son extérieur.
    Un corps dépouillé des codes sociaux, un « corps mort » au social, ignorant l’ego et les apparences.

    Cette danse cherche à révéler des zones occultes, et réveiller les mémoires corporelles :
    retourner à l’instinct, à la mémoire animale, minérale et végétale de notre corps.

    Elle se déclare ouvertement androgyne, défiant la classification des sexes, et montrant le corps nu, au propre comme au figuré.